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Intervention dans le débat sur la demande du Gouvernement d'autorisation de prolongation de l'intervention des forces armées en Afghanistan, en application de l'article 35, alinéa 3, de la Constitution.
Séance du lundi 22 septembre 2008.

JO n°  s (CR)

M. le président. La parole est à M. Philippe Adnot.

M. Philippe Adnot. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, messieurs les ministres, mes chers collègues, le 1er avril 2008, la situation en Afghanistan avait déjà fait l’objet d’un débat sans vote dans cet hémicycle.

À cette occasion, j’avais souligné combien je partageais nombre des arguments soulevés par notre collègue Aymeri de Montesquiou, et j’avais ensuite fait part de certaines de mes préoccupations et interrogations.

Comment choisissons-nous nos sujets d’indignation ? Comment déterminons-nous nos théâtres d’intervention, entre l’Irak, la Tchétchénie, le Darfour ou d’autres lieux encore ? Comment apprécions-nous l’efficacité de nos interventions ? Envoyer davantage de soldats, est-ce plus efficace qu’augmenter les moyens économiques ? La guerre est-elle susceptible d’être gagnée ?

Nous savons tous, monsieur le Premier ministre, qu’il ne sera pas possible de vaincre par les armes sur le terrain et qu’un tel engagement, certes solidaire, est sans issue. Seule une action politique conduite auprès du Pakistan et des pays périphériques peut amener une certaine stabilité.

Monsieur le Premier ministre, j’ai bien entendu vos explications. Vous avez annoncé un certain nombre d’inflexions à votre politique, et je les apprécie. Pour autant, à mes yeux, seuls les Afghans eux-mêmes peuvent construire l’avenir de leur pays. Or, nous le savons, les forces de la coalition sont de plus en plus perçues comme une armée d’occupation.

Tout comme je l’avais fait au mois d’avril dernier, je vais, à l’instar de quatre de mes collègues sénateurs non inscrits, réaffirmer ma solidarité et ma confiance. Toutefois, sur ce sujet, à défaut de l’annonce d’un calendrier de retrait et d’un engagement sur l’évolution des missions, qui ne doivent plus consister en opérations militaires, mais relever du soutien, de l’appui, de la formation et du renseignement, ce sera la dernière fois.

Nos soldats ont malheureusement payé le prix de cette présence. Notre devoir, à leur égard, n’est pas de critiquer après coup ceux qui sont sur le terrain ; il est de savoir prendre à temps les décisions qui nous permettraient de sortir d’un tel processus avec le sentiment d’être utiles à la paix dans le monde. (Applaudissements sur quelques travées de l’UMP, de l’UC-UDF et du RDSE.)


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